Corrigé commenté de l’exemple de résumé
RESUME DE L’EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME DE JEAN-PAUL SARTRE
Si l’existentialisme est né, c’est à cause principalement des philosophes existentialistes. Contre elles aussi, il s’oppose. Qu’en est-il de ces philosophes de l’essence ? La philosophie de Socrate pose des questions qui touchent l’essence : « Qu’est-ce que … ? »
Platon recherche l’idée éternelle, immuable. Cette philosophie qui étudie les essences veut posséder une vérité éternelle valable pour tous les temps, tous les lieux et pour tout le monde. C’est comme si pour faire quelque chose que ce soit, l’homme consultait des modèles, des essences qui étaient là déjà faits uniquement pour cela et à priori. En revanche existentialisme est centré sur l’existence humaine (non sur le monde matériel comme chez les Présocratiques). Il ne considère pas quelque chose est donné au départ par on ne sait qui ou quoi. Le seul point de départ, c’est l’action. Mais existentialisme n’est pas sans poser problème. Des lors que l’homme est jeté au monde sans secours et devant pourtant faire face d’une part et d’autre part être entièrement responsable de ce dont il n’est pas l’auteur. Est-ce que le constat d’un monde sans auteur transcendant, sans finalité, sans sens, donc absurde et qui fait que nous partons de la subjectivité, ne peut pas nous mener au désespoir, à la démission, à la contemplation ?. C’est en effet au XIXe siècle avec Schopenhauer que le thème de l’absurde a fait son entrée su la scène philosophique. Pour lui, il y a de quoi être pessimiste et se détacher du monde parce que la vie n’a pas sa raison d’être que celle d’un « vouloir-vivre » aveugle et sans but. Prendre conscience de l’absurde de l’absurde selon camus conduire à la révolte, à l’action et non à se détourner du monde.
Sartre pense que le sens du monde est à construire si ce dernier n’en a pas. Il s’agit donc de prendre conscience de sa liberté et de sa responsabilité de sujet habilité à donner sens à ce qui n’en a pas ; devoir être libre ans un milieu hostile avec des obstacles etc., n’est-ce pas une chose trop difficile ? Peut-on être responsable de ce dont on est pas l’auteur ?
C’est dans son ouvrage, l’existentialisme est un humanisme que nous étudierons ces questions en objections et en réponses.
L’existentialisme : définition et types
Qu’est-ce que donc l’existentialisme en général ? Il y a dans ce néologisme le substantif « existence » et le suffixe « isme ». Ce dernier montre qu’on s’appesantit davantage et reconnaît l’importance, précisément la primauté de l’existence que Lalande définit comme le « fait d’être, d’exister, la réalité de l’être par opposition à son essence » qui est « le fond de l’être »
L’existentialisme ne met donc l’accent que sur l’existence ; Le problème de l’existentialisme n’est pas de s’occuper des notions abstraites des choses possibles, des essences, mais de s’occuper de l’existence humaine qui a souvent été oubliée ou reléguée au second plan.
Il y a cependant autant d’existentialismes qu’il y a de philosophes existentialistes. Néanmoins, nous distinguons deux types d’existentialistes qui diffèrent dans leurs réponses au problème de l’existence de Dieu. Il s’agit de l’existentialisme athée et de celui du chrétien. Pour l’existentialistes athées comme Heidegger, Sartre, Maurice, Merleau-Ponty, dieu n’existe pas ou s’Il est, cela ne change rien à la liberté sans limites dont bénéficie l’homme. C’est tout le contraire des existentialistes chrétiens comme Kierkegaard, Gabriel Marcel, Karl Jaspers et Emmanuel Mounier. Ici, Dieu n’est pas nié, mais Il n’est pas non plus le responsable de tout, Son action est reconnue tout comme celle de l’homme. Dans l’existentialisme est un humanisme, Jean-Paul Sartre les distingue bien tout en soulignant leur point commun : « il y a deux espèces d’existentialistes : les premiers, qui sont chrétiens, et les existentialistes athées. Ce qu’ils ont en comment, c’est simplement le fait qu’ils estiment que l’existence précède l’essence, ou si vous voulez, qu’il faut partir de la subjectivité »
- L’existence humaine : au contraire des créations artificielles, chez l’homme, l’existence précède l’essence : nous existons avant d’avoir une essence, savoir être ceci ou cela : par exemple bon ou méchant. L’homme ne peut en effet être compris comme une chose prédétermine. N’importe quel objet fabriqué par l’homme a une essence qui précède son existence dans la mesure où il a été idée dans l’esprit de celui qui l’a fabriqué. Mais l’homme n’a été une idée dans l’esprit de personne à moins d’imaginer un Dieu ou Etre transcendant quelconque concevant l’homme comme le fabricant conçoit l’objet. Notre personnalité n’est pas construite sur un modèle conçu d’avance et pur une finalité précise. « L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait ». Il décide par lui-même d’être ceci ou cela : l’existentialisme est une philosophie de la liberté ».
- La liberté : tandis que la chose est, l’homme, lui existe. Exister au sens étymologique, c’est sortir de …. Dire que l’homme est libre ne signifie par pour Sartre qu’il y a une « propriété qui appartiendrait à l’essence de l’être humain ». La liberté, c’est l’existence même. « Nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d’être libres : nous sommes condamnés à la liberté, jetés dans la liberté » (page 565 dans l’Etre et le Néant). L’homme n’est que c que, librement il devient. L’homme n’est rien d’autre qu’une série d’entreprises : il est la somme, l’organisation, l’ensemble des relations qui constituent ses entreprises ». (cf. l’Existentialisme est un humanisme, page 58). L’homme se crée des valeurs, il tend à se créer son essence. Je ne suis pas déjà quelque chose avant mon projet (cf. doctrine de l’antériorité de l’existence par rapport à l’essence). Les facteurs antécédents que Sartre ???????? pas sont appelés pour lui la Situation.
Ils ne peuvent être ma situation que lorsque je les considère comme tels (je leur donne un sens). Ainsi, « il n’y a pas de liberté qu’en situation et il n’y a pas de situation qu’en liberté » (cf. L’Etre et le Néant, page 569
- L’En-soi : c’est ce qui est en dehors de la perception, du Pour-soi. Il se caractérise par le fait qu’il n’a aucune raison d’être et ne dépend de rien. Il est : un point c’est tout. Etre seulement en soi ; n’est pas exister. N’existe que ce qui est connu par un sujet qui pense.
- Le Pour-soi : tout être entretenant des rapports avec d’autres et avec lui-même est dit pour-soi : c’est l’homme. Il se distingue par sa conscience, c’est-à-dire par cette distance antérieure entre un moi-sujet et un moi-objet ; mais aussi par la présence de l’un à l’autre. « Le pour-soi est le rien par quoi il y a des choses ». D’autre part, il se caractérise par sa liberté qui lui permet de faire et défaire ou de refaire, bref d’être Dieu.
- La Nausée : c’est le vertige ontologique, le malaise, le « spleen » shakespearien que l’on ressent en face de la « contingence » de l’être. C’st donc le dégoût que l’on ressent brusquement vis-à-vis de quelque chose.
- Le Pour-autrui : autrui n’est pas seulement objet (c’est le cas dans la connaisssance) mais il est aussi sujet, surtout quand je me sens transformé en objet par lui. Les sentiments comme la honte, la timidité, la gêne, la fierté, l’embarras, etc.me font l’éprouver (objet). La présence d’autrui me chosifie, me prive de ma liberté, de mon existence. Selon le thème de Huis clos (1944), « L’enfer, c’est les autres.
Aussi, pour Sartre, il est illusoire, même par l’amour de réaliser des relations de sujet à sujet : d’où la haine. « L’essence des rapports entre consciences n’est pas la communauté, c’est le conflit ». (Cf. L’Etre et le Néant, p. 502)
Objections et réponses : tableau analytique de l’Existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre
L’ouvrage : l’Existentialisme est un humanisme est une réponse aux objections faites à l’existentialisme en général et à celui de Jean-Paul Sartre particulièrement. Ces objections proviennent pour l’essentiel des chrétiens et des marxistes. Les critiques peuvent se ramener à ceci : l’existentialisme ‘est pas un humanisme.
- Objections : il y en a trois
- Objection des communistes : ils reprochent à Sartre de considérer qu’il n’a rien à faire : aucune action n’est possible et la solution n’existe pas. Avoir une attitude contemplative et s’installer dans un quiétisme du désespoir sont les principaux reproches communistes.
- Objection des catholiques : ils reprochent à Sartre de ne faire attention qu’aux cotes négatifs de la vie sans remarquer ceux positifs. Bref, la nature humaine serait totalement sombre. Il s’ y ajoute selon les catholiques que Sartre veut instaurer la gratuite de l’acte parce qu’il nie et les commandements de Dieu et ce Dernier Lui-même et les valeurs.
Là aussi ; pessimisme et anarchie sont es deux points de leur critique.
En gros ces deux premières critiques se ramènent à ceci :
- Une philosophie de désespoir
- Un pessimisme anthropologique
- Une philosophie de la solitude
- Une apologie de la gratuité
dit Papa Abdoulaye Ndiaye dans Lire l’existentialisme est un humanisme
- Troisième objection : après quelques explications visant à montrer que sa philosophie est une philosophie de l’action et de l’engagement, Sartre se voit objecter ceci : de murer l’homme, c’est-à-dire de parler de l’homme comme s’il était seul ou alors ne voulait pas prendre en compte les relations avec les autres. Il développe un solipsisme.
- Réponses
- Première réponse avec deux premières objections : l’existentialisme est un humanisme.
« (…) ce que nous pouvons dire dès le début, c’est que nous entendons par l’existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine »
Pour Sartre, l’existence humaine n’est pas pre-determinée. Donc, l’homme est ouverture, projet, c’est-à-dire jet-en-avant-de-soi et pour soi. L’homme set transcendance, c’est-à-dire possibilité d’être autre, de devenir tandis que les autres vivants ont une essence pre-inscrite dans leurs germes. C’est pourquoi à ceux qui disent que sa doctrine est sombre ; il répond par une question qui annonce l’exposé de sa doctrine : « je me demande s’ils ne lui font pas grief, non de son pessimisme mais bien plutôt de son optimisme. Est-ce qu’au fond, ce qui fait peur, dans la doctrine que je vais essayer de vous exposer, ce n’est pas le fait qu’elle laisse une possibilité de choix à l’homme » ? Ce qui fait peur, c’est ce qui fait que tout soit permis en l’absence de Dieu. Désormais, l’homme est un pouvoir-être illimité, indéfini, une prospective qui s’auto-gère, s’auto-définit :
- Dieu n’existe pas
- Il n’y a pas d’essence ou de nature humaine
- L’homme est libre donc entièrement responsable
Quant à l’humanisme, il signifie ceci : l’homme fait exister l’homme à travers un constant sortir-de-lui-meme en se projetant et en se perdant hors de lui. C’est donc dans et par le dépassement que l’homme saisit les objets et les signifie. Ce dépassement ne se fait que par lui. Il n’y a qu’un seul univers, c’est l’univers humain. L’humanisme existentialiste, c’est cette « liaison de la transcendance (…) et de la subjectivité (…) où l’homme n’est pas enfermé en lui-même mais présent toujours dans un univers humain ».
- Réponse définitive aux deux premières objections.
- L’existentialisme n’est pas une philosophie du quiétisme
Le quiétisme est un état de contemplation passive e d’absorption en Dieu (quiétude) : ce qui exempte l’homme de tout engagement et de toute action dans l’existence. Le jugement est absent et la volonté brisée.
- L’existentialisme est une philosophie de l’action.
Agir consiste à modeler la matiere exterieure à l’homme ou le monde, ou à travailler en vue de mettre en œuvre des puissances matérielles ou idéales. Cette action provenant de la décision de l’homme débouche sur des événements, des situations dont il assure l’entière responsabilité.
- L’existentialisme n’est pas une philosophie du pessimisme :
Le pessimisme pense que le mal l’emporte sur le bien dans ce monde et ce quoi qu’on fasse. Pour le pessimisme, l’existence est essentiellement un mal.
- L’existentialisme n’est pas une philosophie de l’optimisme
L’optimisme consiste a voir le bon côté des choses et donc à avoir une espérance confiante.
Mais l’existentialisme n’est pas humanise par essence. C’est plutôt dans une pratique existentielle permanente que l’existentialisme devient humaniste. Il est humaniste pour plusieurs raisons :
- D’abord, il définit l’homme par l’action.
- Ensuite, le destin de l’homme est entre ses mains.
- Enfin, l’espoir de l’homme est dans son action et que seul son acte lui permet de vivre.
- Réponse à la troisième objection
- Existentialisme et subjectivité
L’acte de penser est toujours singe de connaissance de soi sur laquelle repose la subjectivité humaine chez Sartre. Cette conscience qui permet à l’être d’avoir conscience de lui et de l’expérience, fonde la théorie de l’intentionnalité où la connaissance fait être les choses.
L’existence des choses est assurée par l’esprit qui les fait être pour empêcher de croupir dans une sorte d’anonymat. C’est ce rapport d’implication qui permet à la conscience de donner du sens au monde.
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