SUJETS DU PREMIER GROUPE SERIES : L’1 - L1a -L1b -L2
EPREUVES
SUJET n° 1
Vouloir la certitude, n’est-ce pas tuer la philosophie ?
SUJET n° 2
L’art n’est-il pas la preuve que le cœur a plus de génie que la raison ?
SUJET n° 3 : Expliquez et discutez le texte ci-après :
La pluralité des sciences et la spécificité de chacune d’elles résultent évidemment de leur
nature même, c’est-à-dire du fait qu’elles sont essentiellement des activités intervenant sur le
réel pour recueillir des données. Or, premièrement, elles sont obligées de choisir les aspects du
réel qu’elles veulent étudier. Deuxièmement chaque mode d’intervention, c’est-à-dire chaque
méthode, entraine la découverte de phénomènes qui ne peuvent être atteints par d’autres
méthodes. On nous objectera que certaines sciences interviennent peu et se contentent
d’observer : l’astronomie, l’éthologie. Nous dirons plus exactement que, contrairement aux
sciences expérimentales, elles ne peuvent pas ou ne veulent pas modifier certains facteurs du
réel comme le font ces autres sciences en vue de questionner celui-ci. Mais elles sont
néanmoins essentiellement actives, et l’observateur intervient, ne serait-ce que par le point de
vue à partir duquel il observe et par ses instruments.
Jeanne Parain-Vial.
CONSEILS
Critères pour la dissertation
Conceptualisation et problématisation
Analyser correctement les termes du sujet
Dégager une problématique pertinente
Traiter le sujet tel qu’il est posé
Donner au sujet une extension suffisante
Argumentation
Formuler un certain nombre d’idées précises et pertinentes (et non des lieux communs ou des généralités)
Bien délimiter les idées importantes et en pousser la logique jusqu’à son terme
Intégrer des références bien commentées
Elaborer progressivement une réponse à la question posée (cohérence)
Prendre en charge les thèses opposées à celles que l’on défend ; comprendre qu’elles peuvent être pensées et argumentées
Faire le bilan de l’analyse et répondre à la question soulevée par le sujet
Communication
Poser clairement le problème dans l’introduction
Equilibrer les parties et soigner la présentation
Traiter une idée par alinéa ; la développer de manière cohérente
Utiliser à bon escient les mots de liaison, les citations et les exemples
Rédiger la dissertation dans une langue correcte et un style précis.
Critères pour l’explication de texte
Conceptualisation et problématisation
Lire, comprendre et analyser correctement le texte
Dégager clairement l’idée générale
Expliciter clairement les idées du texte
Circonscrire son analyse dans les limites du texte
Argumentation
Mettre en évidence l’idée générale et sa corrélation avec les idées secondaires (autres idées du texte)
Délimiter les idées du texte
Intégrer des références bien choisies et les expliquer
Avoir une attitude critique à l’égard du texte
Communication
Dégager clairement l’idée générale
Equilibrer les différentes parties en fonction des différents aspects du problème abordé dans le texte
Rédiger une conclusion qui fasse le bilan de la réflexion
Rédiger le commentaire dans une langue correcte, dans un style concis et précis.
Sujet I : Vouloir la certitude, n’est-ce pas tuer la philosophie ?
Problématique
Ce sujet invite à réfléchir sur la nature même de la philosophie.
Le candidat ou la candidate doit montrer que ce qui fait l’essence de la philosophie et lui confère sa spécificité, c’est qu’elle est interrogation toujours renouvelée sur la totalité de l’existence humaine et que, par conséquent, elle est ouverture d’esprit, attitude critique.
Compétences attendues
II est attendu de la candidate ou du candidat dans la phase de validation, un effort d’analyse conceptuelle portant sur les termes-clés du sujet (« vouloir », « certitude », « tuer la philosophie » et « philosophie »).
Vouloir peut s’entendre comme souhaiter, décider fortement, être à la quête de.., donc exprimer un acte décisoire de l’esprit.
La certitude pourrait signifier l’assentiment total, l’adhésion pleine et entière à une idée, à une proposition, l’assurance, la ferme conviction de posséder la vérité. . .
Tuer la philosophie serait l’anéantir, la détruire, y mettre fin.
La philosophie se comprendrait ici comme réflexion, pensée critique, examen rationnel.
Le candidat ou la candidate pourrait se demander si la volonté ferme d’atteindre l’indubitable n’est pas, en soi, la meilleure façon de mettre fin à la philosophie ?
Précisément parce que le propre de la philosophie, c’est d’être une réflexion critique, une interrogation permanente qui se nourrit par conséquent de la remise en cause perpétuelle, alors qu’une telle attitude semble exclure le doute, l’examen critique et confine l’esprit dans l’immobilisme et la satisfaction béate.
Dans un second temps, le candidat ou la candidate devra s’interroger sur la validité de cette thèse : il ou elle pourrait se demander si ce qui entretient la philosophie, n’est pas justement cette volonté d’accéder à la certitude. Autrement dit, la volonté constante de remise en cause qui anime le philosophe n’est-elle pas l’expression d’un amour ardent du vrai ?
La philosophie ne se justifie-t-elle pas par la quête d’une vérité absolue, toujours recherchée, mais jamais atteinte ?
On appréciera particulièrement la candidate ou le candidat qui montrerait que la philosophie elle-même repose sur une certitude : la foi ou la conviction que la raison humaine peut atteindre la vérité. Il ne sera pas toléré, entre autres, un agrégat de définitions de la philosophie sans rapport avec l’énoncé ni une restitution mécanique du cours introductif.
sujet II L’art n’est-il pas la preuve que le cœur a plus de génie que la raison ?
Problématique
Ce sujet invite à réfléchir sur le problème de la création artistique dans son rapport aux deux instances fondamentalement humaines que sont le cœur et la raison.
Il établit, par rapport à leur génie, c’est-à-dire à leur puissance créatrice, une hiérarchie qui place le cœur au-dessus de la raison et dont l’art lui même en constituerait la preuve.
Compétences attendues
Le candidat ou la candidate devrait procéder à l’analyse conceptuelle des mots-clés (« art », « preuve », « cœur », « génie », « raison »).
Art : production du beau ;
Preuve : ce qui atteste, qui établit ou persuade ;
Cœur : siège des sentiments, de la sensibilité, des phénomènes affectifs ;
Génie : disposition exceptionnelle à créer, à inventer, puissance créatrice élevant l’homme bien au-dessus de la commune mesure ;
Raison : faculté humaine de connaître, d’ordonner, de comprendre selon des lois par opposition aux autres modes de connaissance.
La candidate ou le candidat devra, dans la phase de validation, fonder la différence de degré, concernant leur génie, établie ici entre cœur et raison dans leur rapport à la création.
Il ou elle pourrait se demander si l’intervention, moins déterminante de la raison dans la création artistique que celle du cœur, ne s’explique pas justement par le fait qu’étant propre à tous les êtres humains, elle est donc par là même rendue impersonnelle, à la limite froide.
Ainsi, on comprendrait aisément que la puissance créatrice du cœur qui est le siège de l’inspiration, des sentiments, soit nettement au-dessus de celle de la raison. En attestent la valeur esthétique des œuvres qui sont réalisées sous le coup de l’émotion et leur capacité à ravir.
En second lieu, le candidat ou la candidate devra examiner si un tel point de vue n’est pas excessif. Il ou elle pourrait se demander si le cœur a réellement plus de génie que la raison dans la création artistique ? Le cœur peut-il exprimer son génie sans l’apport de la raison ?
N’est-il pas nécessaire de discipliner par la raison, faculté d’ordre, la sensibilité, les sentiments, voire l’inspiration, pour produire une œuvre esthétique ?
Ne pourrait-on pas penser alors que la raison pourrait avoir plus de génie, ou, à tout le moins, autant de génie que le cœur ?
Sujet III
Commentaire de texte
Le texte répond à la question du fondement de la diversité des sciences ainsi que de la fécondité et des limites de leurs moyens d’intervention.
Structure du texte
L’auteur, Jeanne Parain-Vial, commence par indiquer que la multiplicité des sciences est fonction de la diversité de leurs objets et des méthodes mises en œuvre, qui, pour leur part, font toujours intervenir le regard de l’observateur.
Elle ajoute que dans chaque science, la démarche influe grandement sur l’objet d’étude, et ceci y compris pour les sciences qui semblent échapper a priori à la manipulation du chercheur.
Dans la discussion, le candidat ou la candidate pourrait s’interroger sur l’objectivité de la pratique scientifique, sur la nature de ce « réel » pris en charge par le savant. En d’autres termes, est-il possible de « découper » le réel sans le travestir ?
Il ne sera pas admis que la candidate ou le candidat se livre à une simple restitution mécanique du cours sur les sciences expérimentales.